Le contrôle microbiologique des salles propres

Introduction

La contamination microbiologique des zones classées résulte de la relation directe ou indirecte entre trois éléments :

  • une source (personnel, environnement extérieur, matière première, tout support contaminé en zone…)
  • un vecteur (air ambiant, personnel et matériel, tout élément se déplaçant en zone…)
  • un récepteur (mobilier, machine, produit fini, tout élément présent en zone).

Origine et évolution de la biocontamination

Les microorganismes qui sont présents dans les zones classées ont essentiellement deux origines possibles : une origine humaine ou animale et une origine environnementale, soit tellurique, soit hydrique.

Les espèces rencontrées ne sont pas uniformes. Néanmoins, celles qui prédominent appartiennent aux genres bactériens suivants : Bacillus, Micrococcus, Staphylococcus, Corynebacterium, Achromobacter, Flavobacterium. Les champignons sont aussi largement représentés parmi les genres : Aspergillus, Penicillium, Cladosporium, Alternaria, Pullularia.

La flore rencontrée est diversifiée en espèces, et le nombre d'individus peut varier en fonction de la saison, de l'activité sur le poste de travail, de la température. La persistance et la survie des microorganismes dépendent d'un grand nombre de facteurs dont la température, la taille des particules, le support, l'hygrométrie, la toxicité chimique de l'air, la toxicité des radiations, le type de microorganismes. Ainsi les bactéries à gram positif, telles que les bacilles sporulés comme Bacillus ou les coques comme Micrococcus ou Staphylococcus sont plus résistantes.

La température joue un rôle considérable. Avec des micro-organismes les plus variés tels que Micrococcus, Coryne-bacterium ou Mycobacterium, le taux de mortalité augmenterait d'un facteur de 2 à 3 pour une élévation thermique de 10°C.

En ce qui concerne l'humidité relative, certains auteurs tendent à considérer trois zones distinctes :

  • une hygrométrie basse (inférieure à 20 %) et de bonne survie
  • la seconde ou zone d'instabilité (entre 20 et 60 %) au cours de laquelle la viabilité décroît
  • la troisième ou zone critique (60 à 85 %) où la viabilité est la plus faible.

Au contraire, d'autres auteurs ont mis en évidence l'action bactéricide de l'oxygène aux hygrométries basses.

Par ailleurs, la résistance de la bactérie est variable selon les espèces et selon l'état physiologique de la cellule. Les microorganismes en phase stationnaire de croissance ont une survie plus importante que ceux en phase exponentielle. Les cellules matures dont l'activité métabolique est faible ont donc une meilleure viabilité.

Contrôle microbiologique principe de maîtrise de la biocontamination

Le contrôle microbiologique des salles propres a pour but d'évaluer et de maîtriser la biocontamination afin de choisir des mesures de protection appropriées du procédé et du produit. La norme ISO 14698-1 spécifie qu'un système formalisé de maîtrise de la biocontamination doit être établi, mis en œuvre et entretenu dans les salles propres. Elle précise qu'il existe un certain nombre de méthodes acceptées pour atteindre cet objectif par l'évaluation des risques. Le système analyse des risques - points critiques pour leur maîtrise (HACCP), l'analyse par arbre de panne (AAP) ou l'analyse des modes de défaillance et de leurs effets (AMDEC) peut être utilisé.

Le système formalisé de maîtrise de la biocontamination doit traiter au moins les points suivants : ...

Extrait du dossier technique

Christian POINSOT
ICARE

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